Collegium international éthique

UN Special. n°620, Juillet-Août 2003. Par Simone Bouilleu

Article publié dans la revue UN Special, n°620, juillet-août 2003, par Simone Bouilleu.

A l’occasion du sommet du G8, se sont réunis à Genève quelques fondateurs du Collegium international éthique. Lancé il y a quelques mois seulement, cette institution compte de nombreuses personnalités qui ont assumé de nombreuses responsabilités dans leurs pays respectifs, notamment Mme Ruth Dreifuss, ancienne Présidente de la Confédération Suisse, Messieurs Helmut Schmidt, ancien Chancelier de la RFA, Michel Rocard, ancien Premier Ministre de la France ; Milan Kucan, ancien Président de la Slovénie, Bacharuddin Jusuf Hazbibie, ancien Président de l’Indonésie, Monsieur Stéphane Hessel, Ambassadeur de France et toute une pléiade de philosophes, politologues ; directeurs d’organisations internationales, Professeurs, Ecrivains, Biophysiciens, Economistes. Tous les membres du Collégium constatent, comme la majorité d’entre nous, que le monde se globalise, le pouvoir se concentre mais que la responsabilité se dilue. Ils désirent maintenant unir leurs compétences afin de plancher sur le devenir de l’humanité en lançant un cri d’alarme devant les graves dangers qui menacent l’équilibre du monde, devant le manque d’orientations, de visions ou de pratiques éthiques dans l’exercice des pouvoirs politiques, économiques, médiatiques et technologiques. Ensemble, ils veulent contrecarrer l’impact croissant sur les humains et les écosystèmes de la dégradation physique biologique et atmosphérique de la planète, combler le fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres, enrayer les risques croissants de guerre et de terrorisme, de la violence et de la barbarie.

Lors de la conférence donnée à la Villa Pastorale à Genève devant de nombreux journalistes, les membres du Collegium ont rappelé leur attachement à la Déclaration universelle des droits de l’homme proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948, réaffirmée lors de la Conférence internationale de Vienne en 1993 ainsi qu’aux Déclarations de Rio 1992 et de Johannesburg en 2002. Ils déplorent le fait que bien que les Nations Unies aient déterminé les objectifs à atteindre pour répondre aux défis majeurs du nouveau siècle, leur fonction normative est affaiblie par la fragmentation des compétences entre les diverses organisations internationales et par l’absence d’un mécanisme intégré ; voire d’une juridiction mondiale des droits de l’homme qui contrôlerait l’application effective et indivisible de l’ensemble des droits fondamentaux ; qu’ils soient civils et politiques ou économiques, écologiques , culturels et sociaux. Pour eux , l’interdépendance est à la fois une chance et un risque et ils proclament le principe de l’intersolidarité planétaire, avec une diversité assise sur la tolérance et le pluralisme. Il faut réinventer la démocratie à l’échelle globale ; identifier et protéger les biens publics mondiaux ; construire les conditions et les indicateurs du développement durable; bâtir un universalisme des valeurs et àgarantir les droits économiques et sociaux.

Un bien lourd programme pour le Collegium qui doit prochainement envoyer une Déclaration au Secrétaire général des Nations Unies, donnant priorité à l’Ethique en tant qu’arbitre définitif des accords politiques entre Etats.

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